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Entre son admiration pour des artistes aussi variés que Robert Johnson, Clapton, voir Mike Bloomfield ou Peter Greene, sa passion pour les belles guitares et l’acoustique, ce qui m’a toujours frappé chez ce guitariste chanteur c’est son intonation. Pat n’est pas un chanteur à la voix retentissante, à la limite il dispose d’un timbre qui pourrait s’apparenter à celui de Souchon, mais le choix des mots, des rimes ajoutés à la voix en font quelqu’un de parfaitement reconnaissable, on a parfois l’impression que les mots viennent s’entrelacer autour du manche de sa guitare. Autre particularité chez ce guitariste qui sait se faire discret, le choix de chanter et d’écrire presque exclusivement en français (on trouve ici une demie exception avec « No More Palabras ») et d’y apposer une touche de poésie, un peu similaire à celle que fût celle de Jacques Tati pour le cinéma. Oui car c’est bien là son trait caractéristique, Pat est non seulement décalé vis-à-vis du petit monde du blues, mais il échappe aussi à tout esprit opportuniste. Sur les 14 titres qui composent l’opus, on ne retrouve que deux reprises : « Hideway » standard de Freddie King interprété ici en acoustique, sans chichi, et aussi une version plus surprenante de « Ballade de Vidocq » composé par Gainsbourg pour la série télé (celle avec Bernard Noël). Les autres titres évoquent certaines tranches de vie ou parlent de fait de société. A ses côtés il faut noter les présences de Christophe Garreau (qui se fait trop rare) à la basse, Larry Crockett et Amaury Blanchard (batterie et percussions), Greg Szapczynski (harmonica) et Julie Darnal au chœur. Pat invite aussi quelques amis dans « La Forteresse/Bluesmaniacs » un titre qui avoisine les 11 minutes et dans lequel on peut entendre Vincent Bucher, Jean-Marie Ecay, Pierre Chérèze, François Bodin et Stan Noubar-Pacha pour les principaux. Un disque acoustique, intimiste, sans démonstration intempestive qui propose une suite logique aux cd précédents.

Le Kingbee