BLUE HORIZON

ELECTRIC GUITAR lorsque la nuit se déploie décharnée dans la veine des impasses, éclatante au flux dérivé des étoiles fixées aux néons des boulevards de l'errance
ELECTRIC GUITAR dans le cri bleuté de crépuscules décimés, venteux des souffles de l'écume à l'obscurité
ELECTRIC GUITAR sous les piles du pont, d'hurler Rimbaud dans la pénombre ouatée des fenêtres télévisées
ELECTRIC GUITAR d'une saison en enfer, et d'exil la vie loin des yeux
ELECTRIC GUITAR allumés des étincelles du ballast, chorus de caténaires, mouillés d'ozone sur la résonnance de l'acier; déterminé d'une tension sur les étincelles de paupières
ELECTRIC GUITAR dans la pureté limpide d'un horizon à la perte du continent
ELECTRIC GUITAR dans le son irésistible de cette photo en noir et blanc de Dylan Stratocaster, Newport 65... ou 66, de banlieue highway 61, le froid dans les poches, les larmes sur les rives du fleuve
ELECTRIC GUITAR sur la douceur aux instants disparus
ELECTRIC GUITAR d'un soupir, d'une respiration de passerelle entre deux accords, au seul prix d'un silence
ELECTRIC GUITAR le manche se creuse, se veine de notes oubliées; le vernis cède à la sueur, d'érable à l'écho surgi d'Austin, Texas, de Meaux
ELECTRIC GUITAR et toujours d'ailleurs, dans le seul mouvement qui vibre enfin l'espace et nous sauve pour toujours
ELECTRIC GUITAR sains et saufs, ombres de kérosène, mirages de détresse, voleurs de kilomètres, éméchés de souvenirs; à l'équilibre de l'instant
ELECTRIC GUITAR au paroxysme tendu de la seule note, désuète de plénitude
ELECTRIC GUITAR à Patrice, avec le quartz de l'aube électrifiée sous ses doigts.

Thierry Lamarre


Vie textuelle





Tel Paisley


Twelve Bars